La sécurité privée évolue, l’université l’accompagne
L’Université Paris Descartes complète son offre de formation en sécurité
Par Christophe Aubertin, maître de conférences en droit privé, Université Paris Descartes, directeur du DU "gestion de la sécurité-sûreté dans l’espace ouvert au public" et Xavier Latour,docteur en droit, maître de conférences en droit public, directeur de la licence professionnelle "Securité des biens et des personnes"

L’Université Paris Descartes a décidé de compléter son offre de formation en sécurité (jusqu’alors constituée de la seule licence professionnelle) par un diplôme universitaire Bac+4. Une première pour le secteur qui tend à se complexifier et qui nécessite désormais la mise en place d’une offre de formation complète et organisée.
La sécurité privée est un partenaire reconnu de la puissance publique au service de la protection des citoyens. Depuis quelques années, la sécurité privée a amorcé sa mutation. De fait, de nombreux facteurs concourent à faire de la formation une priorité des entreprises parmi lesquels les obligations d’aptitude professionnelle pour les dirigeants et les agents, la diversification des missions confiées par l’Etat et les collectivités territoriales, l’évolution de l’environnement économique (concurrence accrue, évolution des marges…).
« La vidéoprotection constitue un exemple caractéristique de la complexification du secteur de la sécurité privée. Non seulement elle met en contact des acteurs publics et privés mais elle requiert également une parfaite maitrise technologique ainsi qu’un bagage juridique solide et la capacité de dialoguer avec les différents partenaires », explique Xavier Latour, directeur de la licence professionnelle “sécurité des biens et des personnes” de l’Université Paris Descartes.
Une main d’œuvre qualifiée, un secteur valorisé
Comme dans tous les domaines économiques, la sécurité privée a besoin de personnels formés en fonction des missions confiées. D’un côté les professionnels cherchent, à juste titre, à briser l’image d’un secteur employant trop souvent une main d’œuvre insuffisamment qualifiée. Le développement rapide des moyens technologiques, le contact direct avec le public, la protection du patrimoine des entreprises dans toute sa diversité et sa complexité sont autant d’exemples dans lesquels l’acquisition d’un savoir-faire est une obligation légale et économique. Si les marchés « s’arrachent » par le prix, ils se gagnent aussi en proposant et en garantissant un service de qualité, même si l’équilibre n’est pas toujours évident à trouver.
D’un autre côté, la puissance publique (Etat et collectivités) attend des entreprises de sécurité privée qu’elles s’intègrent pleinement dans le paysage de la sécurité intérieure. Donneur d’ordre de premier plan, les exigences de la puissance publique sont à prendre en compte avec la plus grande attention. Il s’agit, aussi, d’une nécessité politique : l’Etat ne pourra pas continuer à s’appuyer sur le secteur privé si ce dernier ne donne pas des gages d’efficacité dans le respect des principes républicains.
Or, de plus en plus, les agents privés sont au contact des représentants de l’ordre. Ils partagent parfois des missions et, souvent, des préoccupations communes. On pense, naturellement, aux domaines qui ont été progressivement ouverts à la sécurité privée (transports, événementiel…). Il ne faudrait cependant pas négliger l’imbrication évidente entre la protection des intérêts privés (commerces, entreprises, habitations) et la préservation de l’ordre public, voire des intérêts fondamentaux de la Nation.
Il n’y a pas deux sécurités mais bien un même ensemble, cohérent et constitué de trois piliers : le privé, le public et le citoyen.
Nous l’avons vu. Le secteur de la sécurité privée se complexifie. C’est le prix à payer de la professionnalisation. Et ce changement est positif.
La nécessité de repenser l’offre de formation existante
Ainsi, à l’obligation de formation des agents dans un cadre donné s’ajoute la nécessité d’approfondir et d’améliorer les compétences des professionnels de la sécurité privée et ce, quel que soit leur fonction.
Concernant les masters, aussi utiles soient-ils, ils ne répondent pas forcément aux attentes des professionnels et des étudiants. Dispensé sur deux années (master 1 et master 2), ce type de formation implique un investissement personnel de longue durée, que tous ne sont pas en mesure de faire. Au demeurant, leur approche globale (risque au travail, risque industriel…) ne laisse qu’une place limitée aux enjeux spécifiques de la sécurité-sûreté.
Les licences professionnelles, quant à elles, ont vocation à former des généralistes de la sécurité des biens et des personnes. En 400 heures environ, l’accent est mis sur l’ensemble des thèmes relatifs à la sécurité privée dans toute sa diversité. L’objectif est de donner un niveau de compréhension suffisant aux stagiaires afin de leur permettre de se poser les bonnes questions au bon moment. Or, certains diplômés peuvent avoir envie d’aller plus loin. En retrouvant le goût des études, ils sont désireux, dans la foulée de la licence ou un peu plus tard, de continuer à acquérir des savoirs plus pointus et opérationnels.
Enfin et surtout, les acteurs publics et privés de la sécurité ont fait émerger de nouveaux besoins de formation répondant aux évolutions de leur métier. Les prestataires de services pénètrent des marchés de nature très différente. A terme, ils participeront aux transport des prisonniers ou la la garde des palais de justice. Les donneurs d’ordres, y compris publics, ont des exigences s’inscrivant dans un environnement complexe. Leurs attentes en matière de formation évoluent donc rapidement. C’est pourquoi en symbiose avec le terrain, l’Université innove pour accompagner les uns et les autres.
Le DU, une réponse aux besoins émergents du secteur
En collaboration avec des professionnels de la sécurité privée, l’université Paris Descartes a donc élaboré un diplôme universitaire de “gestion de la sécurité-sureté dans l’espace ouvert au public”. Une formation accessible depuis janvier 2011 aux étudiants ayant atteint le niveau de la troisième année de l’enseignement supérieur. « Une innovation qui poursuit deux objectifs : compléter l’offre de formation en se situant dans le prolongement de la licence professionnelle et organiser l’enseignement pour qu’il réponde le mieux possible aux attentes des entreprises », précise Christophe Aubertin, chargé de la direction de ce diplôme universitaire (DU).
Entre licence professionnelle et DU, une complémentarité naturelle
Les deux diplômes sont proches l’un de l’autre. Ils offrent des formations en alternance ayant pour centre de gravité la sécurité privée et pour objectif la formation des dirigeants et des cadres des services de sécurité-sûreté ou de leurs donneurs d’ordre, privés ou publics.
Néanmoins, le nouveau diplôme ne fait pas double emploi avec l’ancien. D’abord, la licence est un diplôme national, tandis que le D.U. est un diplôme propre à l’Université Paris Descartes.Ensuite, si la licence professionnelle est de niveau bac+3, le D.U. est de niveau bac.+4. Il a pour ambition de faire bénéficier les futurs décideurs publics ou privés du secteur de la sécurité d’une spécialisation plus poussée et d’une professionnalisation plus aboutie. Il permet à la fois d’approfondir le traitement de problèmes déjà envisagés en licence et d’examiner les questions nouvelles que ne manquent pas de poser les évolutions rapides des conditions économiques, de la réglementation et de la technologie.
Dans la mesure où le D.U. constitue le prolongement de la licence, les deux diplômes forment en réalité une filière complète destinée à la formation des décideurs, dirigeants et cadres du secteur de la sécurité-sûreté.
L’ambition est en particulier de développer une formation axée sur les coopérations partenariales entre les différents acteurs de la sécurité-sûreté, en particulier à l’échelon local. Non seulement, le D.U. contribuera au perfectionnement des savoirs et des savoir-faire, mais encore il aidera à une meilleure connaissance réciproque des acteurs publics et privés.
A ce titre, il s’adresse aussi aux collaborateurs des collectivités territoriales chargés des questions de sécurité (collaborateurs de cabinet, directeurs de sécurité, chargés de mission coordinateurs des CLSPD…).
Proposer un rythme adapté aux impératifs de l’entreprise
La formation comprend deux catégories de cours. D’une part, les enseignements du tronc commun ont pour objet l’application à la sécurité privée des principales disciplines qui s’y rapportent (comme la sociologie, la gestion et le droit). D’autre part, les cours des trois spécialités (Technologies, Evénementiel, Transports) sont orientés vers la transmission des savoir-faire.
Chaque étudiant suit 150 heures de cours par année universitaire (sauf scolarité dérogatoire). Les cours ont lieu de janvier à juin, à raison d’une semaine par mois, afin de faciliter la poursuite de leur activité professionnelle par les étudiants en minimisant les perturbations occasionnées à l’activité des entreprises qui les emploient.
« Autre avantage, ce volume horaire proche du plafond du droit individuel à la formation (120 heures) devrait faciliter la recherche d’un financement par les étudiants », indique Christophe Aubertin.
Liste indicative des professionnels susceptibles de suivre la formation :
les cadres de la fonction publique territoriale,
les responsables municipaux de sécurité (coordonnateurs de conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance, médiateurs, …),
les cadres des entreprises de transport urbain,
les professionnels du conseil en sécurité et sûreté,
les responsables de sécurité des établissements recevant du public,
les cadres de l’habitat social (opérateurs, HLM…),
les responsables des centres de supervision,
les opérateurs de vidéosurveillance et leurs personnels d’encadrement,
les responsables de services généraux, donneurs d’ordre.
Télécharger la fiche de la formation
Voir le programme des enseignements
Contact et renseignements
Université Paris Descartes
Centre de Formation Continue
DU « Gestion de la sécurité-sûreté dans les espaces ouverts au public »
45 rue des Saints Pères 75006 PARIS
Contacts : Pilar Contreras (01 42 86 40 78 ou pilar.contreras@parisdescartes.fr) ou Valérie Hauet (valerie.hauet@parisdescartes.fr).
Frais de formation pour l’année universitaire 2010-2011 : 2250 euros.
Rentrée prévue : début 2011.


