BERLIN SECURITY CONFERENCE 2014

Comment les retours d’expérience des forces armées de terrain permettent-ils aux PME d’innover?

Le 09 décembre 2014 Imprimer

EDEN Cluster vient de participer à la Berlin Security Conference, les 2 et 3 décembre 2014 dans la capitale allemande.
Le président du groupement des PME de la défense, de la sécurité et de la sûreté, Jean-Luc Logel, a présenté des exemples de retour d’expérience (RETEX) de la part des forces armées, qui permettent aux fabricants d’adapter leurs productions aux conditions d’exercice propres aux interventions militaires. Cas concrets !

EDEN (European Defense Economic Network) est le cluster des PME Défense, Sécurité et Sûreté. Fondé en 2008, il rassemble près de 130 PME provenant essentiellement des régions Rhône-Alpes, Bretagne, Centre et PACA qui souhaitent développer leur activité à l’export. Toutes partagent la conviction que pour les entreprises françaises, l’innovation est la condition sine qua non de la réussite à l’export. C’est pourquoi ces retours d’expérience leur sont particulièrement utiles.

Découvrez 3 retours d’expérience

Ouvry (Lyon) : « le RETEX des ONG et des forces médicales nous a permis de proposer un nouvel équipement pour diminuer la contrainte physiologique en pleine chaleur jordanienne. »

Ouvry, entreprise lyonnaise spécialiste de la protection NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique), recherche, développe et fabrique des tenues, accessoires et systèmes de protection. « Au cours de l’été 2013, des ONG et des forcées armées essentiellement médicales (Service de Santé des Armées) ont été exposées en Jordanie, à proximité de la Syrie, à un risque élevé. Des missions de prises en charges de victimes contaminées ont montré la nécessité de réduire la contrainte thermique des tenues imperméables en plastique. En même temps, ces professionnels de terrain nous ont expliqué que leurs besoins correspondaient à des missions deux fois plus courtes que celles des fantassins : il nous a alors suffi de diminuer la dose de charbon filtrant pour réduire considérablement le poids de nos combinaisons et donc la contrainte physiologique, laisser la sueur et la chaleur s’évacuer plus facilement, ce qui permet de les porter plus longtemps », précise à Lyon Ludovic Ouvry, dirigeant de la société éponyme.

Sécurité civile. Les citernes de Labaronne-Citaf que les pompiers utilisent face aux incendies de forêt (Pont-Evêque).

Depuis cinq ans, Labaronne-Citaf, inventeur et fabricant de citernes souples (Pont-Evêque, 38), entretient des contacts étroits avec les Unités d’Instruction et d’Intervention de la Sécurité Civile et le ministère de l’Intérieur. Les pompiers du sud de la France font appel à ses citernes lors de leurs interventions à haut risque contre les incendies qui ravagent les régions méridionales, en France et dans les pays voisins comme le Portugal. Les citernes, d’une contenance de 500 à 1500 litres, sont héliportées et déposées au plus près des flammes où elles constituent le premier réservoir d’eau. Les retours d’expérience avec les pompiers ont conduit le fabricant à renforcer les bases des citernes, puisqu’elles reposent sur des surfaces rugueuses, ainsi que le piquage pour les adapter à l’héliportage, à créer un raccord plus performant pour les remplir plus rapidement, à optimiser leur poids… Elles sont également réutilisables plus longtemps, et cela pour un budget lui aussi optimisé. Une cinquantaine de citernes ont été produites dans le cadre de ce marché.

Températures extrêmes. Des GPS pour blindés qui résistent à des températures inférieures à -50° par CENTRALP (Vénissieux)

CENTRALP, qui développe et implante des systèmes électroniques embarqués, a réalisé des calculateurs GPS destinés aux blindés légers équipant les armées de terre allemande, polonaise et russe. Ces terminaux électronique blindés et furtifs, c’est-à-dire à signature électromagnétique négligeable pour ne pas être détectables par les radars ennemis, sont « winterisés », c’est-à-dire qu’ils doivent répondre à une exigence de résistance au froid supérieure aux normes militaires les plus basses, qui sont de -40°, pour atteindre les -50° ! Cette demande émanait directement des forces armées de terrain. Pour répondre à ce besoin, les électroniciens de CENTRALP ont dû plancher sur une sélection rigoureuse de composants susceptibles de résister à ces températures extrêmement basse. Le produit final a été longuement testé et qualifié dans les chambres climatiques de l’entreprise sur son site de Vénissieux.