FEUILLETON DE LA VIDÉOPROTECTION – ÉPISODE 2

Du schéma global à sa traduction technologique

Tour de Babel
Le 07 novembre 2014 Imprimer

Le feuilleton continue. Dans ce numéro, Vincent Péru aborde la phase délicate de l’établissement du schéma global établi à partir du diagnostic et aussi sa traduction technologique.

Le diagnostic sureté étant établi, le besoin est identifié. Ce diagnostic explique, pour chaque emplacement, chaque point vidéo, le but que l’outil vidéoprotection doit atteindre pour être efficace.

Associer un ou plusieurs rôles à chaque point vidéo ?

Rappelons qu’un point vidéo peut être tactique, stratégique ou piloté. Qu’il peut être également les trois et qu’il peut comporter plusieurs caméras. On rentre alors dans une phase délicate qui est d’associer un ou plusieurs rôles à chaque point vidéo en fonction du besoin identifié dans le diagnostic sureté.

Quelle caméra choisir ?

Il est important de définir précisément le rôle de (ou des) caméra(s).
Une caméra tactique, panoramique ou non, est une caméra fixe : elle observe un champ large, sa visualisation permet la compréhension des événements. Le zoom en direct ou sur enregistrement existe mais il est modéré. L’identification, faible, est liée à la distance du sujet.
Une caméra stratégique est une caméra fixe qui observe, en fonction du matériel, un champ étroit à très large. Elle permet l’identification en direct et sur enregistrement. Moins le champ est étroit et plus le zoom sur enregistrement doit être puissant.
Une caméra pilotée est utilisée uniquement en présence d’un centre de supervision urbain (CSU) et pour un objectif précis : recherche de flagrants délits, au sens commun (c’est-à-dire en temps réel) car au sens policier le flagrant délit signifie dans les 24h ; vidéo verbalisation ; surveillance et gestion du trafic (routier, maritime ou aérien) ; opérations spéciales (stades,…).
Le zoom en direct (optique) est extrêmement puissant, le zoom sur enregistrement est très faible ou inexistant. L’enregistrement (numérique) ne permet de voir que ce que l’opérateur visualisait. Une caméra mobile devient une caméra fixe (tactique ou stratégique) quand elle n’est pas pilotée par un opérateur.

A ce stade, le rôle et l’emplacement de chaque point vidéo doivent être définis sur le territoire communal
Le schéma global d’implantation doit être validé par les élus, par la police municipale et par le référent sureté gendarmerie ou police nationale. Cette validation a un double objectif : d’une part, acter la correspondance entre le diagnostic et le rôle des points vidéo ; d’autre part, de lever toute ambiguïté lors de l’évaluation du futur dispositif installé.
Le schéma global d’implantation précise également le lieu des locaux techniques d’exploitation possible et disponible (police municipale, mairie, mairie annexe, service technique,…) et, le cas échéant, de l’emplacement du futur CSU déjà identifié dans le diagnostic sureté.

Traduction technique

La phase suivante, prémices aux demandes d’autorisations, aux demandes de subventions, ainsi qu’au futur cahier des charges est la « traduction technique » du dispositif vidéo décrit par le schéma global d’implantation. Cette « traduction technique » doit être faite sur mesure, point vidéo par point vidéo. Elle va permettre de déterminer les caractéristiques que devront avoir chaque dispositif ainsi que leur montures optiques afin d’accomplir les rôles attendus, alimenter et transmettre. L’ensemble va renseigner le futur rapport de présentation.
Ces mesures et relevés doivent être réalisés pour chaque point vidéo.

Rapport de présentation

Fort ces mesures et relevés, tenant compte des 12 postulats (cf. : « Episode 1 » dans le précédent numéro, page 52), on peut concevoir le dispositif, donc le rapport de présentation. Dans ce rapport, compte tenu des technologies existantes, il va falloir indiquer pour chaque point vidéo :
– l’objectif du point vidéo, le rôle de ou des caméras ;
– l’implantation, la hauteur de la caméra ou des caméras ;
– le type de(s) camera(s), sa résolution, son optique ;
– son alimentation énergétique ;
– son moyen de transmission et le débit nécessaire ;
– ce qu’elle va ou vont voir précisément, avec l’angle et le cadrage correspondant ;
– les périphériques annexes (éclairage, infra rouge, détecteur ….) ;
– une estimation financière précise.
Ce rapport est un document obligatoire. Il s’agit de l’une des pièces à transmettre avec les demandes d’autorisations préfectorales pour les dispositifs ayant plus de huit caméras, pour les demandes de subvention (F.I.P.D et D.E.T.R). Il constituera également une annexe technique explicite pour le futur cahier des charges de l’appel d’offre.