La sûreté par la biométrie

L'informatisation du corps

Le 25 novembre 2014 Imprimer

La sûreté et la sécurité sont des préoccupations réelles des entreprises désireuses de se protéger des dangers ou menaces de l’extérieur, de garantir la sécurité de leur personnel et des populations environnantes. De nombreuses démarches peuvent être menées dans ce sens au sein d’un établissement, que cela soit par une sélection attentive des employés (notamment ceux chargés des systèmes d’information ou travaillant dans des secteurs sensibles), l’installation de systèmes de vidéosurveillance ou l’installation de contrôles d’accès utilisant la biométrie notamment.

Article réalisé en partenariat avec Préventica, www.preventica.com 

L’avantage souvent mis en avant à propos des systèmes biométriques est leur substitution aux mots de passe et codes d’accès. En effet, un employé travaillant dans une grande entreprise devra au cours de la journée employer un certain nombre de codes, permettant d’accéder à différents services ou postes. Ces codes, dans un souci de plus grande sécurité, peuvent être changés régulièrement. L’intérêt de ces limitations d’accès est d’échapper aux systèmes de décodage.

Le maillon faible de ce dispositif semble être l’homme

Il est ainsi fréquent qu’un salarié oublie un mot de passe et ne puisse accéder temporairement à certains aspects de son travail. Pour ne pas être confronté à une telle situation, l’employé sera tenté d’écrire le code sur un support informatique ou papier : cette pratique nuit évidemment à la sauvegarde de la confidentialité.
Ce système de mots de passe peut parfois s’avérer être une protection insuffisante lorsqu’il est appliqué à des secteurs sensibles. Un système biométrique peut aussi remplacer les badges. Dans certains établissements, des zones, des secteurs sont protégés par des systèmes utilisant le badge. Or, ceux-ci peuvent être utilisés par d’autres personnes non autorisées à pénétrer dans le secteur concerné.

La biométrie s’avère être une alternative à cette faiblesse dans le dispositif de sûreté : elle permet une authentification sûre, car elle reconnaît non pas un objet, mais la personne elle-même. La biométrie simplifie les procédures en supprimant badges, cartes, codes, en ne réclamant qu’un seul identifiant, le corps humain.
Elle peut être mise en place autour et à l’intérieur du bâtiment, mais aussi être adaptée à internet et ainsi filtrer l’accès aux sites commerciaux et aux intranets. Cette multiplicité de supports et d’applications est un autre avantage de la biométrie appliquée à l’entreprise.

Les différents systèmes biométriques

Il existe de nombreux systèmes biométriques, mais il est possible de distinguer trois grandes familles : celle relevant d’analyses biologiques (odeur, sang, salive, urine, ADN…) ; celles relevant d’analyses comportementales ; celles relevant d’analyses morphologiques.
Les biométries morphologiques sont celles qui connaissent le plus grand déploiement dans les entreprises. L’identification à partir des empreintes digitales est la plus courante. L’empreinte est unique et immuable. Ses caractéristiques peuvent être numérisées. La reconnaissance de la personne se fait par le passage du doigt sur le lecteur, qui contrôle ensuite la validité de l’empreinte par la comparaison de points prédéfinis. Des limites existent néanmoins : empreinte modifiée par une brûlure, une coupure ou l’utilisation de produits corrosifs. Les lecteurs d’empreintes peuvent être combinés avec la carte à puce : l’empreinte est stockée dans le circuit intégré de cette dernière et la lecture s’effectue directement dans l’ordinateur. L’iris, du fait de ses caractéristiques propres, collerette, cryptes, tâches pigmentaires,… permettant de distinguer indéniablement un individu, constitue un autre support biométrique efficace. La fixation de l’objectif d’une caméra balayant l’iris permet la reconnaissance. La reconnaissance veineuse se fait, quant à elle, à partir de la lecture de la paume de la main. Contrairement aux empreintes qui peuvent se modifier, le réseau veineux de la main s’avère être le plus fiable. De plus, la lecture se fait sans contact, limitant le nombre de facteurs susceptibles de la fausser (notamment de possibles résidus résultant d’un précédent passage). Enfin, la biométrie s’est développée en matière de reconnaissance faciale ou de lecture du contour de la main.

Parallèlement, les biométries comportementales se développent. Elles se focalisent entre autres sur la dynamique de la frappe sur le clavier, la reconnaissance vocale, ou la signature. Ainsi, des facteurs, telles la vitesse ou les accélérations, sont pris en compte pour identifier une personne. Mais leur fiabilité semble moins sûre que les biométries morphologiques. Elles sont donc moins utilisées par les entreprises.

Quant aux analyses biologiques, par leur coût, leur difficulté de mise en place, elles restent réservées aux sphères judiciaires et policières. Toutes les méthodes biométriques empruntent le même fonctionnement, c’est-à-dire la lecture de caractéristiques propres à l’individu, les paramètres traités générant une signature unique, enregistrée dans un dépôt de données. L’ensemble du processus porte le nom d’« enrôlement ». Lorsqu’une personne doit s’identifier, un terminal de lecture est utilisé : les caractéristiques saisies sont alors comparées aux signatures enregistrées dans le dépôt central des données.

Le système biométrique peut concerner un nombre conséquent de secteurs et de types d’entreprises. Il est donc nécessaire d’adapter le système aux besoins de l’entreprise, mais aussi tenir compte de l’environnement de travail (température, humidité, présence de poussière…). De plus, toute mise en place d’un système biométrique doit être conforme à certaines dispositions législatives.

Un contexte favorable au développement de la biométrie

La biométrie renvoie facilement aux films de science-fiction, aux séries policières américaines, par une identification via des empreintes digitales, une analyse éclaire de l’iris, ou du réseau veineux de la main. Elle est pourtant en plein développement en France et dans le monde afin de répondre à un souci de sûreté grandissant.

C’est dans le milieu militaire et policier que la biométrie a fait ses premiers pas. Elle est aujourd’hui sollicitée en France dans de nombreux projets comme la gestion des flux dans les aéroports, la mise en place d’une carte d’identité et d’un passeport biométriques, dont l’intérêt s’inscrirait dans la lutte contre la fraude de faux papiers. Le recours à la biométrie a été mis en avant dans les aéroports le 11 septembre 2001. Depuis 2005, les États-Unis ont imposé l’acquisition de deux empreintes digitales et du visage pour tous les visiteurs étrangers. Les marchés gouvernementaux sont des moteurs du développement de l’industrie de la biométrie, encourageant d’une certaine façon les marchés industriels et commerciaux à s’y intéresser.

Le contexte géopolitique a donc été un des facteurs favorables au développement de ce système de sûreté. Mais la mondialisation, la globalisation des flux et échanges en sont d’autres, plus en accord avec le monde des entreprises. En effet, le monde connaît aujourd’hui une croissance de tous les types de communication et d’échanges. La mobilité humaine est en pleine croissance et tous les jours environ 8 millions de passagers dans le monde circulent dans les couloirs aériens. Les connexions internet de la même manière sont en constante augmentation. À ces interactions croissantes se joignent des problèmes liés aux falsifications d’identité, aux intrusions dans les systèmes informatiques et les zones sensibles des entreprises, aux vols et à la malveillance. Les entreprises veulent protéger leurs salariés comme leurs biens matériels ou immatériels et pour cela se tournent vers les systèmes biométriques. Ils permettent de répondre au problème de la vérification d’identité tel qu’il est rencontré dans la global network society.

Des objectifs de sécurité mais aussi de sûreté

Les entreprises se sont intéressées aux systèmes biométriques pour protéger leurs bâtiments (dans leur intégralité ou pour des zones spécifiques), leurs personnels ou leurs données informatisées.

La biométrie peut ainsi être utilisée à des fins de protection des biens et des personnes :
– Sélection des personnes habilitées à accéder à un site,
– Protection des opérateurs (machines ou zone dangereuses),
– Détection d’intrusions,
– Réduction du risque chimique ou biologique (zones à risques),
– Concernant les entreprises implantées à l’étranger, prévention du risque terroriste.

Dans un objectif de protection des données de l’entreprise, la biométrie appliquée aux postes informatiques et aux systèmes d’information limite l’accès aux systèmes et données confidentielles. Elle permet ainsi de les protéger, de réduire les risques d’espionnage industriel (détournement des informations, du capital intellectuel de l’entreprise) et de destruction des données.

Parallèlement à cette préoccupation de protection des biens matériels et immatériels de l’entreprise, la biométrie participe aussi à la sécurité des personnels et devient un instrument de lutte contre les risques au travail. En effet, en limitant l’accès à des zones sensibles, présentant par exemple un risque biologique ou chimique, la biométrie permet de protéger les employés de certains risques sanitaires. Un système biométrique peut aussi être mis en place autour de certains appareils jugés dangereux, renforçant de cette manière la sécurité autour des machines. Leur utilisation est alors limitée aux seules personnes qualifiées, habilitées à le faire. Ce dispositif permet de réduire les risques d’accident du travail, parfois lourds de conséquences.

Les entreprises clientes

Un certain panel d’entreprises peut ainsi se sentir concerné par l’utilisation de la biométrie au travail. Sont en première ligne, les entreprises ayant des activités sensibles, à l’instar de l’armement ou du nucléaire. Il est évident que dans ces secteurs, les entrées et sorties des bâtiments ainsi que les déplacements à l’intérieur de ceux-ci doivent être contrôlés. Mais la biométrie peut aussi concerner les entreprises disposant d’importants départements R&D : industries pharmaceutiques, aéronautiques, automobiles, informatiques…

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