Note d'orientation générale

Pour une sauvegarde économique et sociale de la filière sécurité privée

Pour une sauvegarde économique et sociale de la filière sécurité privée
Le 19 février 2016 Imprimer

Le secteur de la surveillance humaine représente aujourd’hui plus de 150 000 emplois dans près de 4000 entreprises. Dans les 5 ans, il pourrait dépasser en nombre le cumul des emplois de policiers et de gendarmes soit plus de 250 000 personnes.

La centaine d’entreprises membres de l’USP représentent 70% de l’emploi et du CA (60% par les 20 premières). La masse salariale y représente plus de 80% du CA avec une marge brute de l’ordre de 11% et une marge nette entre 0,5 et 1,5%. Le secteur est un vecteur d’intégration sociale et souhaite developper sa féminisation.

Les événements du 13 novembre et leurs conséquences durables sur la coopération public/privé dans le domaine de la Sécurité Nationale, mettent tous les acteurs face à leurs responsabilités et imposent de jeter les bases d’un nouveau dialogue social et d’une visibilité sur son calendrier, sans rien masquer des contraintes que le marché impose ni soumettre les entreprises du secteur à de nouveaux désordres.

C’est pourquoi l’USP, consciente de ses responsabilités et afin de construire une dynamique de rassemblement dans l’intérêt supérieur du métier, a décidé de revenir sur sa dénonciation de l’accord de 2006 sur les métiers-repères, d’actionner une procédure de révision de cet accord et de proposer de nouvelles négociations sur les transferts de personnel.

Il s’agit de co-construire avec l’ensemble des partenaires le modèle social qui pérennisera et développera les emplois et les qualifications et répondra aux exigences du marché pour les valoriser.

Pour mémoire, l’USP est à l’origine de l’accord de 2006 sur les métiers repères dont elle est la seule signataire côté patronal. Cet accord a permis de faire baisser le pourcentage d’Agents Privés de Sécurité (APS) rémunérés au coefficient 120 de 75% à 18% (source : rapport de branche 2015), une majorité des APS étant dorénavant classifiée entre les coefficients 130 et 150.

Les métiers des APS sont en évolution rapide et constante. L’arrivée de nouvelles technologies réclame des compétences techniques croissantes tandis que l’exigence d’anticipation et d’identification de nouveaux risques nécessite des compétences comportementales et psychologiques pointues, ces deux aspects favorisant, notamment, l’accélération de la féminisation des emplois.

L’USP va préparer un Grand Rendez-Vous économique et social auquel tous les entrepreneurs de sécurité privée qui partagent les mêmes constats et les mêmes préoccupations seront invités, au delà des clivages, à réfléchir à la construction de leur avenir commun dans l’unité. Ce travail de réflexion sera ouvert aux partenaires sociaux dont la contribution est indispensable.

Par nature, les marchés des entreprises fluctuent, avec pour conséquences un changement d’employeur en moyenne tous les 3 ans pour les APS. Les entreprises ont besoin de réactivité et de souplesse pour s’y adapter. Les APS ont besoin de garanties sur leur avenir.

C’est à cette évolution que nous devons collectivement répondre.