Un tête à tête avec...

René Scetbon

René Scetbon
Le 27 octobre 2014 Imprimer

Le challenge, l’innovation et les valeurs humaines sont trois des piliers fondamentaux qui animent René Scetbon depuis sa rencontre fortuite avec le secteur de la sécurité. Quelque 42 ans et plus d’un millions de caméras plus tard, il revient sur une belle histoire toujours en devenir.

Comment définiriez-vous un dirigeant aujourd’hui dans l’univers de la sécurité ?

Présent sur le marché de la sécurité depuis 42 ans, plus particulièrement sur celui de la vidéosurveillance, et en tant que dirigeant du groupe Aasset Security International, membre du Groupe TKH, je dirais qu’un dirigeant doit veiller à ce que sa stratégie repose sur la rigueur, l’éthique et surtout un système de valeurs fortes régissant ses relations avec ses clients, ses partenaires, ses collaborateurs et les différents acteurs de ce marché.
Les évolutions technologiques et la concurrence internationale exigent une très bonne expertise du marché et des attentes, ainsi qu’une recherche constante de l’innovation. Cette rapidité d’évolution nécessite une grande adaptabilité et flexibilité, avec une projection sur trois ans, maximum.
Pour assurer la pérennité de son entreprise et un accroissement du chiffre d’affaires, spécifiquement en période de récession, il est primordial pour un dirigeant, de veiller à une formation constante des équipes, de façon à mieux appréhender les nouvelles technologies et la réglementation en vigueur.
Enfin, face à cette importante mutation, la productivité et la profitabilité de l’entreprise est étroitement liée aux informations qu’elle détient, via les médias mais aussi ses différents réseaux, de plus en plus prégnants.

Pourquoi avoir créé votre activité ?

Ayant démarré ma carrière professionnelle dans le secteur de la sonorisation et de la Hifi, à destination du Grand Public, j’ai découvert, par hasard, le monde de la vidéo, après avoir lu un article, dans la revue spécialisée « Japan Electronic Industry ». Une annonce d’un fabricant de caméras a retenu toute mon attention. Il m’a paru évident qu’un nouveau défi s’offrait à moi et qu’il fallait le relever, sur ce marché alors émergent. Sans hésiter, je me lançai dans l’importation, au départ, de deux modèles -offrant des images en noir et blanc à l’époque -, que j’ai tout de suite revendus, via le canal des magasins Philips. C’est ainsi que j’ai débuté sur le marché de la vidéosurveillance.

Avez-vous un mentor, un modèle, un exemple. Qui est-il ? Et pourquoi l’avoir choisi ?

Plutôt qu’un mentor, le savoir-faire de grands noms, sur le marché de la sécurité, m’a servi de modèle, m’a permis d’acquérir des compétences et d’établir des valeurs.
L’expérience que j’ai acquise, au fil des années, s’est réalisée essentiellement au travers de grandes marques internationales, comme Sony, Hitachi, Philips, Panasonic, Sanyo, JVC,…

La sécurité pour vous c’est : un choix, une rencontre, un hasard ?

Comme je l’ai expliqué précédemment, je suis arrivé sur ce marché par hasard, en 1972. Un heureux hasard, m’impliquant depuis lors à 100% dans mes missions quotidiennes. Résultat : plus d’un million de caméras vendues à ce jour !

Quelle expérience vous a particulièrement marqué dans votre parcours ?

Etre acteur sur le marché de la sécurité implique que nous n’avons pas droit à l’erreur, devant faire face à des enjeux importants, engageant parfois la sûreté des hommes.
Anticiper les besoins de son client, ne pas se tromper sur le choix du produit, de la solution proposée, en lui laissant «une porte ouverte », est notre priorité. L’interopérabilité, devenue un maître mot depuis quelques années, a toujours été, pour moi, une évidence.
Ces valeurs nous ont conduits à de belles réussites et la fidélité de grandes entreprises prouvent aujourd’hui l’importance de cet engagement.

Quelle est votre plus belle réussite ?

Après 42 ans de carrière, je suis heureux de toujours compter, parmi mes collaborateurs, ceux qui ont démarré avec moi, ou qui m’ont rejoint peu après, et qui sont restés fidèles à l’entreprise et à ses valeurs, durant toutes ces années. A l’heure où la fidélisation dans une entreprise est de plus en plus rare, je ressens une grande fierté à cet égard, et estime que c’est ma plus belle réussite.

Quel est votre plus beau souvenir professionnel ?

Mes plus beaux souvenirs professionnels correspondent à chaque ouverture de succursale, en Italie, au Royaume-Uni, puis en Allemagne, et plus récemment, lorsque nous avons décidé de relancer la marque Grundig sur le marché européen. Ces initiatives d’expansion représentent toujours un risque, au départ quand bien même celui-ci a été mesuré. Mais lorsque le succès est au rendez-vous, ces moments, dans une carrière professionnelle, sont les plus délectables à partager.

Quel est le plus mauvais ?

Il remonte au début des années 80. Nous avions obtenu un contrat avec une banque française, comportant plus de 2 000 agences. Or, les enregistreurs que nous allions lui livrer, provenant de chez un gros constructeur japonais, comportaient malheureusement un important défaut de conception. Nous avons alors perdu un marché colossal. Il nous a fallu 10 ans pour reconquérir la confiance de ce client. Le marché de la sécurité est intransigeant et nous le respectons.

Quelle est votre devise ?

« S’efforcer de voir plus loin pour anticiper les demandes du client ».
La recherche et le développement sont une priorité, au sein du groupe, l’objectif étant de préparer, en amont, les besoins et demandes du marché. Aujourd’hui, nous concevons et développons les produits et solutions que nous commercialiserons demain.

Comment imaginez-vous la suite de votre carrière ?

Avec mes plus proches collaborateurs, en qui j’ai une totale confiance, j’ai commencé à préparer l’avenir du Groupe. Aujourd’hui, je sais que lorsque je déciderai de passer le flambeau, ceux-ci œuvreront dans la continuité des valeurs et de la stratégie du Groupe et apporteront un nouveau dynamisme dans nos cœurs de métiers.
Néanmoins, cette nouvelle génération, prête à relever le défi, sait qu’elle pourra toujours compter sur moi, que je serai toujours là pour échanger avec elle et avec l’ensemble du Groupe TKH, pour apporter mon expertise, tout en laissant décisionnaire cette relève dans ses choix définitifs.

Et si c’était à refaire ?

Je recommencerais…