Reportage

Dans les coulisses du groupe Casino

Francis Bertaud, directeur sûreté d’Easydis
Le 19 juin 2014 Imprimer

C’est à Saint-Etienne qu’Easydis, filiale logistique du groupe Casino, a choisi d’implanter son siège social. Un espace situé à quelques kilomètres seulement de deux des principaux entrepôts du groupe, le site de Saint-Bonnet-les-Oules (alimentaire sec) et le site d’Andrezieux-les-Sources (non alimentaire). Deux sites placés sous haute surveillance et sous le contrôle de Francis Bertaud, directeur sûreté d’Easydis. Reportage en paroles et en images…

« Au quotidien nous sommes confrontés à tous les risques inhérents aux entrepôts : le vol (que ce soit en extérieur ou en intérieur) et bien sûr tout ce qui est lié à la sécurité humaine ; j’entends par là les risques incendies, les accidents du travail  », précise Francis Bertaud.

Un système de surveillance axé sur la vidéoprotection

Pour prendre en charge l’ensemble de ces risques sur le site de Saint-Bonnet, Francis Bertaud a privilégié la vidéosurveillance, un choix dont il est pleinement satisfait et qu’il explique. « Nous avons totalement supprimé le gardiennage pour des raisons toutes simples : l’humain est faillible, l’humain peut-être corrompu. Quand vous avez une surveillance à distance il y a beaucoup moins de risques de collusion entre des gardiens, le personnel du groupe ou les transporteurs. » Cette évolution vers une solution de surveillance « tout électronique » n’est pas un fait isolé. Force est de constater que cette migration est largement opérée dans les métiers de la logistique qui privilégient cette approche pour assurer la protection des entrepôts. Le but étant également de réduire les coûts. Mais pas seulement. Il est aussi question de réactivité et de sécurité des hommes. « En cas d’intrusion, la prise en compte par notre système de vidéoprotection est immédiate. L’infraction est constituée d’un point de vue pénal. Et le système permet ensuite de diriger vers les services de police ou de gendarmerie, si nécessaire. Nous évitons aussi de mettre inutilement en danger les agents de sécurité. Leur sécurité est primordiale pour le Groupe ; c’est un principe sur lequel nous sommes intransigeant et qui a largement contribué à orienter nos choix ». Les agents de sécurité assurent des missions de vidéoman ; ils ne sont plus dans les entrepôts mais derrière les caméras.

Vidéosurveillance, gestion des flux automatisés et robotique

Une configuration qui, selon Francis Bertaud, va se généraliser dans le secteur de la logistique ; le directeur de la sûreté d’Easydis travaille déjà sur une évolution de ce modèle afin d’améliorer encore son efficacité. « Nous sommes en train de développer un projet qui repose sur la combinaison de deux éléments : la gestion des flux automatisés (lire ci-après) et la télévidéosurveillance. Pour moi, c’est l’avenir. » Dans ce cadre, Easydis a décidé de compléter son dispositif par le recrutement d’un agent… très spécial : un robot qui va effectuer des rondes dans les entrepôts, qui pourra intervenir sur les alarmes et transmettre une image en direct. Une nouvelle étape qui permettra au groupe Casino de renforcer la sécurité de ses entrepôts et de sécuriser au maximum les interventions des agents ou des forces de police.


Le point sur .. la Gestion Automatisée des Flux


La gestion automatisée des flux n’est pas une innovation en soi, puisqu’elle existe déjà. L’exemple le plus significatif étant les péages d’autoroute automatisés.
Des transporteurs, des plateformes logistiques utilisent déjà cette technologie, mais d’une façon simple : capture de plaques permettant un droit d’accès. Cette pratique étant réalisable puisque le transporteur, le logisticien a sa propre flotte, ses propres chauffeurs. Le challenge EASYDIS est tout autre, car c’est un logisticien intégré, source de coût et non de profit, avec la particularité de ne posséder aucun camion.

Que voulons-nous ?

Faciliter l’accès des flux, en réduisant, même en supprimant l’intervention humaine en entrée et en sortie, au moyen de la technologie. Avec l’obligation que cet accès permette de diriger de façon automatique le camion vers le quai, au timing choisi.

Difficultés

  1. deux sites en un seul (EUROCENTRE)
  2. langues multiples usitées sur le site par les chauffeurs
  3. corrélation entre l’entrée des camions, l’information vers la réception ou l’expédition des deux bâtiments et retour vers les chauffeurs
  4. aucun renseignement sur les chauffeurs, ou sur les camions avant entrée sur site
  5. 350 camions entrant journellement sur le site
  6. valider l’entrée et la sortie
  7. assurer la sécurité du site.

Mode opératoire

Le chauffeur stationne son camion sur l’aire de stationnement. Il se rend au poste d’accueil, ou il va entrer les informations sur une borne informatique. Le déroulant va lui permettre de s’identifier, d’identifier son véhicule et s’annoncer auprès des services : expéditions, réceptions, emballages de l’entrepôt frais ou de l’entrepôt sec. Lorsqu’il aura terminé sa saisie (en validant la prise de connaissance des mesures de sécurité et du port des équipements de sécurité) une réponse lui sera donnée directement par les personnels sur les quais. Ou l’accès est immédiat, ou le chauffeur est informé d’un report d’entrée. L’autorisation d’accès lui sera donnée via des PMV (panneau à message variable). Lorsqu’il se présente en entrée, une capture de plaques avant et arrière permet l’autorisation d’accès et la levée des barrières. Il en est de même pour la sortie lorsque tous les éléments sont en corrélation entre l’identification, les process quais et la capture d’image.

Vidéo

Le système vidéo en place complète le dispositif en visualisant l’ensemble du cheminement du véhicule et du chauffeur.