Avis d'expert

Laurent Mallet, Directeur des opérations, Telsud

Le 27 octobre 2014 Imprimer

“La vidéo est partout et constitue aujourd’hui un outil incontournable d’une station de télésurveillance, et bien évidemment de manière particulière dans le domaine bancaire.”

Pouvez-vous nous faire un rapide historique de la vidéosurveillance bancaire pour les stations de télésurveillance telles que TELSUD ?

La surveillance vidéo a fait sa première apparition il y a environ 30 ans. Les 1ers systèmes étaient alors entièrement analogiques, nécessitaient des investissements lourds pour les banques et les technologies limitaient les applications et les services proposés en télésurveillance bancaire.
En 1985, seules les salles fortes et salles coffres étaient équipées de systèmes de vidéosurveillance (notamment le système Lassi qui permettait d’obtenir une image Noir & Blanc après 3 minutes ressemblant plus à une échographie !)
En 1995, nous avons vu l’apparition de la vidéo couleur sur réseau IP. Les systèmes se démocratisaient et sont entrés dans le périmètre de visualisation de la partie « publique » des sites, le libre-service bancaire et le local technique (ETS)
Les systèmes de vidéosurveillance ont à partir de là évolué progressivement vers la technologie numérique permettant désormais aux stations de télésurveillance d’assurer une véritable vidéoprotection : les images sont de très hautes qualités (HD), les fluxs vidéos sont permanents, les systèmes permettent une exploitation simultanée de multiples flux et le traitement intelligent d’image apporte des résultats concrets depuis quelques années. Les applications se sont ainsi multipliées et permettent à des stations de télésurveillance telles que TELSUD d’apporter aux banques des solutions toujours plus efficaces contre les vols mais aussi d’assurer un environnement sûr et sécurisé pour le personnel ainsi que pour les clients des banques.

Quelles sont les applications de la vidéosurveillance en stations de télésurveillance ?

On estime déjà que globalement, sur dix raccordements à un PC de télésurveillance, huit d’entre eux intègrent la vidéo. La vidéo est partout et constitue aujourd’hui un outil incontournable d’une station de télésurveillance, et bien évidemment de manière particulière dans le domaine bancaire.
La 1ère application connue est la levée de doute vidéo en cas de traitement d’alarmes. En effet, l’usage de caméras renforce la  présence  de l’opérateur sur le site surveillé en lui apportant des éléments d’information souvent décisifs. Il est cependant utile de rappeler qu’en matière de levée de doute, la vidéo n’est qu’un mode opérationnel parmi d’autres, la levée de doute au travers d’une approche globale étant le cœur même de l’activité et savoir-faire du télésurveilleur .
Les autres applications et les services proposés par les télésurveilleurs sont très étendus et variés. Parmi ces applications, nous pourrions citer entre autres le cybergardiennage, les escortes vidéos de personnel, les rondes vidéos, les contrôles d’accès des entrées et sorties à distance.

Et plus particulièrement pour les banques ?

En 30 ans, nous sommes passés d’une levée de doute vidéo et audio uniquement sur la partie coffres à une levée de doute vidéo couleur sur l’ensemble de l’agence (y compris les zones LSB et ETS) avec une possibilité de revoir l’antériorité, le tout couplé à une audio de qualité. Ceci permet, notamment lors d’agression, de qualifier l’alarme de manière certaine et suivre le déroulement de l’action, permettant ainsi de renseigner en temps réel les forces de l’ordre. La prospective à ce niveau est de pouvoir permettre à ces mêmes forces de l’ordre de prendre la main sur le dispositif vidéo.

Comment une station de télésurveillance telle que TELSUD intègre la vidéosurveillance et ses évolutions nombreuses ?

D’un point de vue technique, il faut déjà rappeler que pour réceptionner et exploiter correctement des flux vidéos en provenance des sites bancaires surveillés, il est d’abord nécessaire de disposer de frontaux de réception et de serveurs de back-up dédiés de manière à assurer une continuité de service et à parfaitement intégrer la vidéo au sein des outils utilisés par les opérateurs. Les stations de télésurveillance profitent aujourd’hui d’un environnement technique favorable à l’exploitation de la vidéo et nous disposons aujourd’hui d’outils technologiques matures. Mais c’est – au delà du matériel installé sur site – la qualité des “liens” avec les sites bancaires qui va permettre de conserver le niveau de qualité et de performance d’une installation dans le cadre d’une exploitation à distance et de gagner en efficacité dans les services proposés.

D’autre part, la vidéo fait nettement évoluer le métier exercé par nos opérateurs en stations de télésurveillance, mais également leurs responsabilités : auparavant consigné à la réception d’informations aveugles, l’opérateur peut désormais voir en permanence ce qui se passe sur un site. Il peut ainsi être amené à prendre des décisions qu’il n’aurait peut-être pas prises sans images d’un événement. Leurs compétences sont aussi désormais plus étendues car un opérateur doit savoir faire du traitement d’information en live, du PTZ ou de la télé-action – dans le cadre d’un déclenchement d’alarmes bien entendu – mais surtout de manière proactive !

Nos opérateurs spécialisés en vidéosurveillance doivent donc être formés en continu à ces nouvelles applications mais également formés de manière innovante pour développer des capacités d’analyse de l’image plus poussées – telles que la qualité d’observation, la mémorisation, l’anticipation et l’analyse comportementale – leur permettant d’apprécier pleinement une situation à distance et de relever le détail au sein d’une séquence vidéo qui permettra d’anticiper une situation à risques.

 Quel cadre réglementaire permette aux stations de télésurveillance d’opérer la vidéosurveillance ? Quelles évolutions vous sembleraient pertinentes ?

Les nouveaux usages de la vidéo et les services qui en découlent impliquent effectivement aussi de connaître le cadre réglementaire spécifique de la vidéosurveillance, auquel les télésurveilleurs ne sont pas naturellement confrontés dans le cadre de prestations plus traditionnelles. Il est utile de rappeler que jusqu’à un passé récent, les télésurveilleurs n’avaient que peu affaire à la vidéo et à ses règles d’utilisation.
Aujourd’hui, un opérateur en vidéosurveillance doit donc être familiarisé avec le cadre juridique et réglementaire de la vidéosurveillance, à savoir notamment la loi 95-73 et les problématiques de déontologie et d’éthique liées à l’utilisation de la vidéo dans le cadre de prestations de services.
D’un point de vue réglementaire & technique, la règle APSAD R82 encadre les installations vidéos et l’arrêté du 3 août 2007, la conformité du système.
Enfin d’un point de vue législatif, la vidéoprotection est régie par est régi par les articles L.223-1 à L.223-9, L.251-1 à L.255-1 et L.613-13 du code de la sécurité intérieure et par le décret d’application n°96-926 du 17 octobre 1996.