Mission parlementaire sur le continuum de sécurité

L'USP dévoile ses propositions

Le 06 septembre 2018 Imprimer

La mission parlementaire confiée par le Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb aux députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot constitue un marqueur fort de l’ambition du gouvernement pour construire une nouvelle architecture de sécurité intérieure afin de relever le défi permanent de la menace terroriste et des nouvelles formes de délinquance. L’USP vient de leur remettre ses propositions.

Mission parlementaire sur le continuum de sécurité Vers une ambition partagée

Depuis le début de l’année 2015, les épreuves que supporte le dispositif national de sécurité intérieure ont agi comme un accélérateur de transformation pour toutes les forces concourant à la sécurité de la population.

La sécurité privée est traversée par cette mutation qui bouleverse les modèles économiques et développe de nouvelles offres innovantes alliant l’intelligence, les technologies et les ressources.

La prévention des attentats a demandé un effort considérable des forces de l’ordre qui doit, aujourd’hui, faire face au défi de la pérennité. C’est précisément dans ce cadre que l’appui de la sécurité privée peut se révéler déterminant pour assurer une répartition équilibrée des rôles entre les missions pouvant être déléguées et celles relevant, impérativement, du pouvoir régalien.

Mais il faut également regarder plus loin et établir comment la sécurité privée peut déployer des solutions innovantes pour développer la prévention dans les espaces qui lui sont confiés.

Les entreprises privées de sécurité ont su démontrer leur capacité à répondre efficacement et rapidement à l’ensemble des missions qu’elles se sont vues confier dans le cadre de la législation en vigueur. La croissance du secteur en volume, de plus de 10% entre 2015 et 2016, témoigne de cette capacité opérationnelle et de cette réactivité. Néanmoins elle cache une dégradation des résultats économiques des entreprises qui est absolument incompatible avec toute ambition de progrès opérationnel et social. Le secteur a notamment largement fait bénéficier ses clients des effets du CICE. Cela a pu aider les clients à supporter la croissance des effectifs, mais ces efforts tarifaires ne peuvent pas s’inscrire dans la durée, et les clients publics comme privés doivent se préparer à un relèvement du niveau des prix, conjointement avec une augmentation de la compétence et du niveau de formation des personnels.

La qualité a un prix, et en matière de la sécurité, la variable d’ajustement ne peut plus être la qualité.

C’est dans cet esprit que l’USP formule des propositions pour une extension des missions de la sécurité privée dans le cadre d’un continuum de sécurité piloté par l’État.

Rapprocher les hommes et les cultures opérationnelles entre public et privé est une première étape indispensable. La seconde partie de nos propositions regroupe les avancées immédiates à mettre en œuvre pour développer l’appui que la sécurité privée peut apporter à l’effort national. Enfin, un troisième chapitre dessine les perspectives d’avenir pour le secteur, avec une ambition de montée globale du niveau des prestations, du niveau de compétence des personnels et du niveau d’encadrement.

Ces perspectives iront de pair avec une ambition sociale forte. Nos personnels doivent avoir des parcours de carrière et des perspectives lisibles. Ils doivent voir leur rôle valorisé et leurs métiers reconnus et protégés.

L’USP est convaincue que l’avenir du secteur passe par une dynamique de progrès soutenue par l’État. Des offres intégrées et lisibles, des garanties de qualité des prestations, une compétence accrue des personnels, pour une confiance accrue des clients publics et privés.C’est le sens des propositions que nous adressons ici à la représentation nationale, que nous remercions de son écoute et de son intérêt.