Interview

« Nous contribuerons, chaque fois que l’occasion nous en sera donnée, à faire évoluer l’ensemble des métiers de la sécurité en France »

Le 19 juin 2014 Imprimer

Sur fond de crise économique, d’augmentation de la délinquance et de stagnation du marché, le secteur du transport de fonds et de valeurs est confronté à de nouveaux enjeux. État des lieux et perspectives en quatre questions à Alain Fina, le nouveau président de Fedesfi, fédération des entreprises de la sécurité fiduciaire.

Comment définiriez-vous le contexte actuel du transport de fonds et de valeurs ?

Alain Fina. Le marché du transport de fonds n’échappe pas à la crise. Nos principaux clients que sont les banques se sont engagés depuis 2008, début de la crise économique qui a secoué fortement les marchés financiers et particulièrement le secteur bancaire, dans des démarches de réductions drastiques de leurs coûts. Les banques se sont recentrées sur la banque de détail avec la ferme intention d’en accroître la rentabilité. La gestion des espèces étant un des principaux postes de dépenses nous sommes directement visés par les plans d’économies que mettent en œuvre nos clients. Le marché ne connait pas de croissance car le nombre d’agences et d’automates bancaires tend en France, vers la stabilité. Certains réseaux ont même commencé à fermer les agences et automates hors site non rentables. Le changement des règles de facturation interbancaire, les politiques de recyclage en agence mises en place dans certaines enseignes, le développement des automates distributeurs de billets recyclant, la baisse des fréquences de dessertes sont autant de facteurs impactant directement notre business.

Quels sont les principaux risques auxquels les transporteurs de fonds et de valeurs sont confrontés ? Comment faire face ?

AF. Notre métier est par nature exposé aux risques de braquages, nous sommes directement touchés par l’augmentation de la délinquance et des délits nous obligeant à investir toujours plus pour protéger les fonds et nos salariés, sans toutefois être toujours capables de répercuter le cout de ces investissements sur nos prix de ventes. Fedesfi apporte une contribution très active aux différents projets portés par la DISP dans l’optique de renforcer la sécurité du Transport de valeurs. Nous avons ainsi été force de proposition pour des dossiers importants tels que la sécurisation des Dabistes, du transport de fonds inférieur à 30 000 €, la définition des normes de sécurité des Centres Forts et des véhicules blindés, etc. Nous apportons également notre concours au CNAPS comme par exemple, l’élaboration de la charte du contrôle.

Quelles sont vos relations avec les banques ? Qu’attendent-elles de vous ? Qu’attendez-vous d’elles ?

AF. Nos relations avec les banques sont basées sur la confiance et le partenariat. Notre prestation est intégrée dans leur processus de gestion du cash, matière particulièrement sensible, où le zéro défaut a réellement du sens. Par exemple, le commerçant qui dépose 1000 € en liquide à sa banque ne comprendrait pas que son compte ne soit pas crédité de 1000 € ; or, c’est bien la société de transport de fonds qui confirme à la banque, après comptage, le montant des fonds déposés par le commerçant. Autre sujet sensible pour nos clients, le taux de disponibilité des distributeurs de billets qui doit être proche de 100%, qualité du service rendu par la banque à son client. Là encore, notre service est primordial puisque nous assurons généralement la prestation dans sa globalité, de la commande des fonds jusqu’à la maintenance de l’automate. Concernant les espèces, la qualité de service rendu par la banque à ses clients, comme vous pouvez le constater dans les deux exemples ci-dessus, est donc intimement liée à la performance de la société de transport de fonds. Nos relations contractuelles s’inscrivent donc généralement dans la durée.

Que pensez-vous de la charte de bonnes pratiques en matière d’achats de prestations de sécurité privée signée entre les prestataires et les clients ?

AF. J’ai signé la charte des bonnes pratiques en matière d’achats de prestations de sécurité privée au nom de Fedesfi le 11 septembre 2013 au cours de la cérémonie organisée par le Préfet Jean-Louis Blanchou. Nous faisons ainsi partie des douze premiers signataires de cette charte qui correspond à la fois aux préoccupations des sociétés de transport de fonds et de leurs clients que sont entre autres, le respect des obligations légales, un engagement contractuel responsable, une transparence dans les relations, s’inscrire dans une démarche de progrès. Fedesfi joue un rôle important au sein de la sécurité privée puisque nous sommes un des membres fondateurs de l’ANAPS et, à ce titre, nous contribuerons, chaque fois que l’occasion nous en sera donnée, à faire évoluer l’ensemble des métiers de la sécurité en France.