Le grand entretien

« Nous effectuons un contrôle d’un bout à l’autre de la chaîne, jusqu’en magasin »

Francis Bertaud, directeur sûreté d'Easydis
Le 19 juin 2014 Imprimer

Easydis est la filiale logistique du groupe Casino en France. Elle est dédiée aux activités de préparation de commandes magasin et de livraison pour ses principales enseignes en France. Un positionnement qui place Easydis aux premières loges dès lors qu’il s’agit d’assurer la sécurité des marchandises dans les entrepôts ou lors des transports. Des marchandises placées sous haute surveillance et sous le contrôle de Francis Bertaud, directeur sûreté d’Easydis.

En quoi EASYDIS représente-t-elle un “client” particulier en matière d’enjeu sécuritaire ?

Les entrepôts EASYDIS sont exclusivement dédiés au Groupe CASINO, nous sommes une filiale du groupe et une logistique intégrée. Nous n’avons aucun camion, tout est presté en matière de transport. Il n’empêche que nous sommes responsables des produits dès lors qu’ils sont arrivés sur les sites.

Cette responsabilité revêt plusieurs aspects : vol, dégradation, malveillance, mais également un volet très méconnu : la sécurité alimentaire, puisque nous sommes certifiés IFS et le premier logisticien en Europe à avoir autant de sites certifiés avec un niveau très élevé.

Notre particularité : tous les produits sont exclusifs à notre réseau magasins (petits et grands).

Quid du transport de marchandises ?

En premier lieu, nous menons des actions de sensibilisation en relation avec la gendarmerie. Nous suivons avec attention les recommandations de l’OCLDI (office central de lutte contre la délinquance itinérante).

Nous donnons des recommandations aux transporteurs sur les points « à éviter ».
Nous suivons toutes les procédures judiciaires liées aux vols dans les camions, nous effectuons des investigations complémentaires si besoin.
Nous travaillons de concert avec les transporteurs.

Nous sommes vigilants, en réception, sur « l’état de la remorque », du chargement, du plombage, des câbles TIR.
Même chose au chargement : vigilance sur le chargement, les conditions de chargement et la sécurisation de la remorque ou de la caisse (transfert de responsabilités).
Lors de problématiques, nous effectuons également des contrôles qui démarrent de l’entrepôt, sur le parcours et à l’arrivée.
Nous effectuons également des opérations ponctuelles et des contrôles chez nos sous-traitants transport.

En résumé, nous effectuons un contrôle d’un bout à l’autre de la chaîne, jusqu’en magasin.

Quels sont les principaux risques auxquels les entrepôts/le transport sont confrontés ? Quelle politique avez-vous mise en place pour lutter contre ces risques ?

La direction EASYDIS avait déjà une politique de sécurité alimentaire. La certification IFS avec des audits annuels permet de vérifier nos procédures, nos systèmes de veille, nos systèmes de traçabilité.

La coordination avec la sécurité-sureté a permis d’évoluer vers un niveau supérieur de cette certification et d’inclure la sureté dans celle-ci.

La direction EASYDIS a décidé, il y a 6 ans, de mettre en place un directeur sureté. L’objectif : uniformiser les systèmes matériels de sécurité, les optimiser, détecter les failles et mettre en place des plans d’actions, réaliser des audits de plus en plus pointus, mettre une méthodologie en place vis-à-vis des problématiques de vols et de la malveillance et aussi adapter de nouveaux systèmes tant technologiques qu’humains, sensibiliser les sites et donner une vraie place à un interlocuteur dédié à la sécurité sur chaque site.

Depuis 5 ans, c’est ce à quoi je m’attache.

Surveillance humaine, vidéoprotection, etc. Quels sont les principaux moyens privilégiés par EASYDIS pour garantir la sécurité/sûreté des entrepôts/du transport ? Pourquoi ?

La surveillance humaine chez EASYDIS a été revue, réadaptée, redéployée. Les missions des ADS en poste ont été recentrées. Il a été mis en place des systèmes de contrôle, audit, ou opérations de contrôles organisées en sortie sur les camions, les salariés, les prestataires externes. Nous avons également déployé des technologies nouvelles (poste automatisé), des vidéos adaptées (caméras à tête multiples), des portiques de détection « aéroportuaire », des systèmes anti-intrusion repensés,…

Mais nous tenons surtout à insuffler une philosophie sécuritaire qui est déclinée sur chaque entrepôt en collaboration avec le directeur du site et un interlocuteur privilégié dédié en matière sécurité-sureté.

On parle beaucoup de synergie, de convergence entre hommes et technologies pour garantir la sécurité des personnes et des biens. Quelle est la position d’EASYDIS ?

Tout à fait en phase avec cela. L’humain est resitué sur d’autres missions. Le « vigile » à l’entrée d’un site industriel appartient au passé. En revanche, le garant de la sécurité doit être capable d’utiliser les nouvelles technologies de façon rationnelle et optimisée. Il associe ensuite des contrôles aléatoires, façon coup de poing, après avoir analysé des situations particulières.
Il faut faire confiance à la technologie. Nous l’avons déjà démontré et cela est aussi très apprécié des forces de l’ordre.

Quel est le profil des personnes qui composent le service de sécurité/sûreté d’EASYDIS ? Comment votre service est-il organisé ?

Chez EASYDIS, une seule personne : le directeur sureté.
Les services de sécurité humaine sont prestés, au même titre que la télésurveillance.
Les personnels dédiés à la sécurité sur les sites dépendent de leur directeur de site et ne sont pas hiérarchiquement dépendant du directeur sureté, car ils ont d’autres missions opérationnelles comme responsable technique ou formateur relais, etc.

Faites-vous appel à des entreprises privées pour renforcer vos équipes ? Si oui, à quelle(s) typologie(s) d’entreprises privées faites-vous appel pour assurer la sécurité des entrepôts et du transport de marchandises ?

Les sociétés de sécurité privée traditionnelles, mais également des sociétés plus spécialisées dans les enquêtes, notamment dans le vol de fret, puisque les camions doivent parfois faire l’objet d’investigations, même s’ils sont équipés de systèmes légaux de « tracking ».

Avez-vous identifié de nouvelles tendances et innovations, de nouveaux outils/solutions émergents en matière de sécurité ? Lesquels ? Quelles sont selon vous ceux qui vont “marcher” ?

Celle que nous avons mis en place avec le P2A, la caméra180 ou 360, le portique d’analyses, le robot de surveillance.

Et, question subsidiaire, quel est le budget consacré par EASYDIS à la sécurité/sûreté du transport et des entrepôts ?

Je ne peux donner cette indication, mais sachez néanmoins que ce sont surtout les idées qui priment par rapport à l’abondance de matériels ou d’humains non opérationnels.


 

21 entrepôts sous haute surveillance sur toute la France

En propre EASYDIS dispose de 21 entrepôts. Avec également des « entrepôts supports » prestés par des transporteurs en matière surgelés par exemple, ou qui servent de plateforme relais.

Ces entrepôts peuvent être distingués selon trois grandes familles : entrepôts alimentaire frais (et surgelés), entrepôt alimentaire sec, entrepôt non alimentaire.

Ces 21 entrepôts sont répartis de la façon suivante :

Zone d’Aix-les-Milles : Aix 1 (frais et sec) Aix 2 (Frais et sec, également plateforme retour emballage) Aix 3 (archives).
Andrézieux (42) : entrepôt non alimentaire dirigé vers le gros électroménager et gros téléviseur. Forte dominante C DISCOUNT.
Auxerre (89) : entrepôt alimentaire frais et surgelés.
Besançon (25) : entrepôt frais, sec, surgelés, plateforme pondéreux.
Cholet (49) : entrepôt frais.
Eurocentre (Castelnau d’Estretefonds, 31) : deux entrepôts dans la même enceinte ; un frais, un sec et, en extérieur, un surgelé presté.
Gael (35) : entrepôt sec, frais, plateforme pondéreux/
Grigny (69) : entrepôt frais (le plus ancien du groupe), avec une particularité (réception C DISCOUNT).
Lyon Gerland (69) : entrepôt surgelé dépendant de Grigny.
Limoges (87) : entrepôt sec, frais, avec la particularité qu’il est centralisé pour le textile (tout arrive sur ce site avant d’être ensuite dispatché).
Montélimar (26) : deux entrepôts. Un sec (exclusif alimentaire avec particularité Grand crus et un frais (exclusif frais avec une particularité dessert les cafétérias du Groupe CASINO).
Montmorillon (86) : entrepôt sec, plateforme pondéreux.
Vienne Reventin (38) : entrepôt non alimentaire, tourné vers les produits hi-tech.
Saint-Etienne Verpilleux (42) : entrepôt alimentaire sec et plaque tournante cross dock.
Saint-Bonnet-les-Oules (42) : entrepôt alimentaire sec, plateforme pondéreux.
Saint-Laurent-de-Mure (69) : deux bâtiments.
La Farlède (83) : entrepôt alimentaire sec, plateforme pondéreux.
Vitrolles (13) : entrepôt sec.