Avis d'expert

Philippe Laucournet, Directeur Général de STIM

Le 27 octobre 2014 Imprimer

« Le marché bancaire a contribué pour une large part à l’évolution des enregistreurs numériques par ses besoins spécifiques »

Pouvez-vous rappeler les jalons historiques des systèmes de stockage et de traitement d’images utilisés dans le secteur bancaire?

Philippe Laucournet. Avant l’arrivée de premiers enregistreurs numériques dans les années 90, les agences bancaires étaient équipées de magnétoscopes avec un stockage sur bandes magnétiques. Ces magnétoscopes avaient eux-mêmes remplacé les caméras film. Dans cette même période les caméras tubes ont été remplacées par les caméras CCD, noir et blanc dans un premier temps puis couleur dans un deuxième temps.
Entre les années 90 et 2010, les enregistreurs numériques ont eux aussi subi des transformations avec l’évolution de la puissance des processeurs et les standards de compression d’images. Nous sommes passés des formats propriétaires à base de JPEG ou WAVELATE au MJPEG, puis au MPEG4 et enfin au H264.
Le décret d’août 2007 a défini les performances minimales que devait avoir un système de vidéosurveillance pour les lieux recevant du public. Le marché bancaire a, dans sa majorité, effectué cette mise à niveau entre 2007 et 2010.

Quelles sont les applications qui vous semblent être spécifiquement dévolues au secteur bancaire? Quelle est votre part de R&D dans ce domaine?

Philippe Laucournet. Le marché bancaire a contribué pour une large part à l’évolution des enregistreurs numériques par ses besoins spécifiques.
C’est le marché bancaire qui a fait se développer la transmission d’images. En effet une région possède souvent plus de 100 agences et très vite le besoin d’accéder aux images de toutes les agences à partir du siège s’est fait sentir.
D’abord en RTC, puis en RNIS et enfin en IP, la transmission d’images est désormais de base dans tous les enregistreurs bancaires.
La venue de la transmission IP a soulevé chez les banquiers le problème de la sécurité informatique. C’est une particularité et une des principales exigences du marché bancaire.
La transmission d’images a amené la possibilité que plusieurs utilisateurs accèdent à l’enregistreur. Cela a posé le problème de ” Qui a le droit de quoi”. Les enregistreurs possèdent désormais une gestion des droits utilisateurs (droit de visualiser certaines caméras, droit de faire des télécommandes, droit de paramétrer etc…).
Les réseaux bancaires ont également été les premiers à généraliser l’utilisation du vidéosensor qui permet de ne stocker les images que lorsque la caméra détecte un mouvement.
La transmission des images vers les télésurveilleurs équipés de frontaux multi protocoles de type V1 ou HORUS est une particularité de la vidéosurveillance bancaire.
L’image sans le son ne pouvait pas satisfaire les banquiers et c’est sous leur impulsion que la transmission en mode interphonie équipe les enregistreurs vidéo.
Stim consacre 40% de sa R&D à l’évolution de ses produits pour apporter des solutions aux nouveaux besoins du monde bancaire.

Comment travaillez-vous avec les télésurveilleurs et fabricants de logiciel d’exploitation (type ESI, AZUR SOFT)?

Philippe Laucournet. Nous travaillons en étroite collaboration avec, dans un premier temps les télésurveilleurs qui expriment des besoins d’exploitation distante d’une agence bancaire, puis dans un deuxième temps les éditeurs des frontaux multi protocoles en leur fournissant une DLL que nous harmonisons en fonction de leur logiciel.

Quelles sont selon vous les évolutions majeures à venir dans un avenir proche?

Philippe Laucournet. La première évolution sera sans doute le passage aux caméras IP avec notamment les caméras 360°. Afin de facilité cette migration STIM a développé pour la banque un enregistreur hybride qui permet d’utiliser les caméras analogiques existantes et de rajouter au fil du temps des caméras IP de meilleure définition.
La deuxième évolution est l’utilisation de la puissance processeur de l’enregistreur pour proposer aux banquiers de nouvelles fonctions comme l’affichage dynamique, l’analyse statistique de fréquentation et diverses analyses d’images.