Tribune

« Rester en permanence en alerte dans tous les compartiments de notre métier »

Pascal Dufour
Le 27 octobre 2014 Imprimer

Le Forum Aditel se déroule cette année à Grenoble. À cette occasion, l’association, qui regroupe des directeurs sécurité et des spécialistes de la sécurité du secteur bancaire, pointe les changements qui vont s’opérer au niveau technologique et dresse également les contours d’un nouvel équilibre des relations entre force publiques, banques et télésurveilleurs.
Par Pascal Dufour, président d’ADITEL, Association interbancaire des utilisateurs de télésurveillance

Le monde de la sécurité bancaire est aujourd’hui confronté à plusieurs sujets qui changent et vont changer le métier.
Les nouveaux textes régissant les transports de fonds et la gestion des automates bancaires sont en train de bouleverser l’organisation des agences bancaires : contraintes d’externalisation de la gestion des espèces en agence, remise en cause des implantations de Gab “hors site” (implantation dans les galeries marchandes, etc.), remise en cause également du maillage du territoire par les banques.
D’autres types d’agression apparaissent (attaques au gaz, skimming) qui changent complétement l’analyse du risque que doit faire tout directeur de sécurité / sureté bancaire. À noter d’ailleurs qu’Aditel traitera de ces problèmes dans le cadre d’une table ronde lors du prochain Forum de Grenoble autour du thème “Enjeux de la relation Forces de l’ordre/Banques/Télésurveilleurs”.
Par ailleurs, la forte baisse de la criminalité traditionnelle (vols à main armée), essentiellement obtenue par les nouveaux modes de distribution des espèces, entraine des révisions budgétaires. En effet, sous la pression des directeurs financiers, il est demandé aux directeurs sécurité de réduire les budgets au regard de la quasi absence d’agressions.
Il faut donc rester vigilant en ne relâchant pas la garde au risque de retrouver des niveaux d’agression que nous ne connaissons plus aujourd’hui.

Un new deal de la sécurité bancaire

Comme vous le voyez, le métier a fortement changé ces dernières années. Les principales raisons en sont les suivantes :
– l’évolution de la délinquance avec l’apparition de nouvelles agressions type cyber criminalité ;
– l’apparition des nouvelles technologies: vidéo, transmission des informations via les réseaux informatiques (IP) ;
– l’adaptation de la télésurveillance à ces évolutions sachant que le secteur bancaires est souvent précurseur dans ces domaines.

Ne pas baisser la garde

Ayons toujours à l’esprit que la délinquance a toujours “un métro d’avance sur nous”, il convient donc de rester en permanence en alerte dans tous les compartiments de notre métier.
Je ne pense pas qu’il y ait une spécificité française dans le monde de la sécurité bancaire. En revanche, chaque pays a sa propre réglementation en fonction de la criminalité qu’il connait, et sa sensibilité aux remèdes à y apporter. À terme, une harmonisation européenne me parait indispensable, sachant qu’avec l’espace Schengen, la délinquance ne connait plus de frontière.

L’ensemble de ces réflexions se retrouvent dans les sujets qui seront traités à Grenoble : la télésurveillance face à la cybercriminalité, les nouveaux défis de la télésurveillance, les enjeux de la relation Forces de l’ordre/Banques/Télésurveilleurs.
Ces 3 thèmes sont au cœur des préoccupations de tout homme sécurité, qu’il soit banquier ou télésurveilleur.

Aditel, interface entre les banques et les télésurveilleurs bancaires

Association créée il y a plus de 25 ans, Aditel a vu le jour à la fin des années 80, période où les forces de l’ordre n’ont plus souhaité “gérer” la sécurité des agences bancaires.
Dans ce contexte sont donc apparus les premiers centres de télésurveillance, mis en place à l’initiative des banques. Afin de coordonner ces nouveaux métiers, Aditel, Association interbancaire des utilisateurs de télésurveillance, a donc été créée à l’initiative des banques (essentiellement les banques mutualistes).
Aujourd’hui, Aditel reste cette interface entre les banques et les télésurveilleurs bancaires.
J’insiste sur “télésurveilleurs” bancaires. En effet, ces derniers ont un caractère spécifique au regard du marché de la télésurveillance dans son ensemble, en s’adressant uniquement aux banques.
Aujourd’hui, plus de 80% des banques exerçant sur le territoire national (y compris HSBC) sont adhérentes d’Aditel ainsi que tous les télésurveilleurs dont le capital est détenu par des banques.