« La recherche de standards de sécurité plus exigeants est une bonne chose pour l’ensemble de la profession »

Transport de fonds et de valeurs

Le 19 juin 2014 Imprimer

Le transport de fonds et de valeurs constitue un maillon important de la sécurité bancaire. Cibles trop fréquentes des braqueurs et autres attaques, ce secteur n’a d’établir de nouvelles règles afin de garantir la sécurité de ses agents. État des lieux sous forme de trois questions à Michel Tresch, président directeur général de Loomis France et président d’USP Valeurs.

À l’instar du secteur global de sécurité privée, l’activité du transport de fonds et de valeurs est soumis à une évolution régulière de sa réglementation. Qu’en est-il aujourd’hui du décret concernant le transport de fonds et toujours en attente d’application ? Qu’attendent les professionnels du secteur de cette évolution ?

Michel Tresch. Comme vous pourrez le comprendre je réserverai mes commentaires à des textes qui sont publiés et applicables. Les évolutions réglementaires qui sont en cours ont été élaborées dans un même objectif, que nous ne pouvons que soutenir : l’amélioration de la sécurité des personnels. La limitation à trois allers-retours entre le véhicule et le point de collecte, est avant tout une question de logistique opérationnelle qui se règle en bonne intelligence entre professionnels et donneurs d’ordres. La généralisation de l’utilisation de valises à maculation pour tout type de transport est une deuxième mesure notable. En réalité, elle ne présente pas de difficulté majeure chez Loomis, car nous avons fait le choix de rendre l’usage des valises à maculation systématique depuis plusieurs années. Mais une fois encore, nous considérons que la recherche de standards de sécurité plus exigeants est une bonne chose pour l’ensemble de la profession.

Un projet de loi propose d’ailleurs la généralisation de la maculation des billets de banque. Quelle est votre position au regard de ce projet ?

MT. Il faut considérer la sécurité comme un processus global et dynamique qui doit parfaitement intégrer la compétence des hommes, la qualité des méthodes et la performance des technologies. En ce sens, la maculation est un élément important, nécessaire même, mais non suffisant à lui seul pour garantir la sécurité du dispositif global. De plus, chaque maillon de la chaîne de sécurité doit en permanence être réévalué à l’échelle de l’ensemble du processus. Ainsi, dans ce cas précis, des évolutions importantes sont à réaliser. Un billet maculé devrait être systématiquement écarté de la circulation fiduciaire. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Avec les autorités, nous devons faire évoluer les textes pour qu’un billet maculé perde immédiatement son cours légal et pour que l’ensemble des automates soit adapté pour pouvoir le détecter. Le billet maculé doit devenir réellement inutilisable.

Les attaques qui se sont multipliées ces dernières années ont également conduit à “repenser” le statut des dabistes. En quoi consiste précisément cette réforme?

MT. Grâce aux travaux d’aménagements des locaux techniques entrepris dans le cadre réglementaire par les donneurs d’ordres, les attaques ont connu une baisse significative. Avec la réforme des textes, le chargement des automates bancaires peut désormais être opéré par les équipages de véhicules blindés, dans les zones à risque, dès lors que le véhicule peut être stationné en protection de l’immeuble ou de l’automate. L’objectif principal est de prévenir les attaques à la voiture bélier. On peut considérer que ce mode opératoire est utile pour des sites qui n’ont pas encore été adaptés par les donneurs d’ordre. Mais avec les travaux de mise en conformité déjà en cours ou à venir, son intérêt diminuera progressivement dans le temps, il faudra donc reprendre le texte actuel, lequel ne fait malheureusement pas de distinction entre les sites clients.